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Frequence Maghreb (Rio loco 2009)
Au lit du fleuve, 1001 étoiles offrent leurs reflets : fluidité de l’eau et larmes de feu, qui au chant des grenouilles frottent des mélismes orientaux, invitent sur l’herbe anarchique de la Prairie des Filtres thé à la mente, cornes de gazelle, tentes berbères…En juin 2009, la 15ème édition de Rio Loco conviait, au cœur de Toulouse, le Maghreb Central – Maroc, Algérie, Tunisie. Trois pays dont les drapeaux saluèrent au vent les idoles, comme la pertinence de traditions vives qui, durant 5 nuits, empruntèrent des chemins rock, jazz, électro, hip-hop.
Quelques 20000 spectateurs, ces soirs-là, se laissèrent envelopper par le ressac sensuel du chaâbi algérois, essaimèrent les grains de blues de la diva du désert Hasna El Becharia, goûtèrent les mélopées bariolées du raï, incarnées par le King Khaled, dont Didi et Aïcha, hymnes imparables, crevèrent le ciel. L’art berbère joua ici des mots au travers du verbe d’Idir, chantre de la Kabylie, porte-parole de l’exil, quand la poésie résonna de père en fils, de Kateb Yacine à Amazigh Kateb. Un ragga gouailleur, une rébellion tendre, qui plus qu’un devoir, revendiquait un « besoin » de mémoire. Galvanisée sous les assauts rock et les riffs des guitares, la révolte s’électrisa sous les pieds-de-nez au « mektoub » (destin) de Najat Aatabou, la rage inassouvie et l’insolence prodigue de Rachid Taha.
Le Maghreb se drapa de bleu, enfin, avec ces digressions à l’improviste, mariages en jazz, sources intarissables et jouissives de réinvention musicale. Karim Ziad en tête, Ifrikya invitait le maâlem Hamid El Kasri, Bojan Z et Julien Lourau pour un époustouflant cocktail jazz-gnawa-chaâbi, quand Archie Shepp aiguisait son cuivre libre au groove des Dar Gnawa de Tanger. Une protéiforme trompette, celle du génial Erik Truffaz, auréolait le chant magnétique du Tunisien Mounir Troudi, comme le swing pianistique de Joachim Kühn s’enroulait, amoureux, au gumbri de Majid Bekkas et aux baguettes de Ramon Lopez. Clôturé par le flow d’H-Kayne, groupe phare du hip-hop marocain, posé sur les arrangements des Toulousains de Fréquence 31, Rio Loco a suscité cette utopie : dessiner les contours d’un périple fructueux, une épopée riche, portée par chaque voyageur, revenu les oreilles, le cœur et les mains pleines.
Texte : Anne-Laure Lemancel
Reportage vidéo : Elsa Dahmani (réalisation), Yasmina Lahlou (journaliste) et Niko Sardjvéladzé (montage)
Bravo pour ce long reportage qui montre la formidable mixité, le "melting pot" des musiques du Maghreb. Des musiques, des discours, du sens. Bravo au festival Rio Loco !! Sinon, je suis très embarrassé de devoir faire un constat : Truffaz et sa "théorie des climats" m'agacent...
merci c est un bien beau reportage,je l apprécie beaucoup.... la musique na pas de frontière,c est un partage de cœur entre les gens,on s enrichie en donnant ...... ce que dit biyouna m'a très émue ......oui elle te dit pas de différence et ca c'est énorme je reviens souvent pour relire la vidéo ..... aussi comme elle le cite la bugie "elle pleure des larmes".... je la fait partager avec plaisir alain